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Projet IA et RGPD : le vrai risque, c’est une mauvaise gouvernance des données

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Un projet IA peut être conforme techniquement… mais illégal juridiquement

Un projet d’intelligence artificielle peut fonctionner parfaitement sur le plan technique —
tout en étant non conforme au RGPD.

Dans la majorité des cas, le risque ne vient pas d’un piratage.

→ Il vient de décisions internes mal encadrées :

  • partage de données trop large
  • analyse juridique incomplète
  • gouvernance insuffisante
  • absence de contrôle sur les données sensibles

Pourquoi les projets IA augmentent les risques RGPD

Les projets IA reposent souvent sur une logique simple :

→ plus de données = meilleur modèle

Mais d’un point de vue réglementaire :

→ plus de données = plus de responsabilité

Les systèmes d’intelligence artificielle nécessitent :

  • de grandes quantités de données
  • des croisements multiples
  • des accès étendus

Ce qui augmente fortement :

  • le risque de mauvaise utilisation
  • le risque de ré-identification
  • l’exposition réglementaire

Le cas NHS et DeepMind (Royaume-Uni)

Entre 2016 et 2017, le National Health Service a collaboré avec DeepMind pour développer une application appelée Streams, destinée à détecter rapidement certaines pathologies graves.

Dans ce cadre, les données de 1,6 million de patients ont été transmises à DeepMind.

→ Le problème : ces données ne concernaient pas uniquement les patients ciblés par l’outil.

Elles incluaient :

  • des historiques médicaux complets
  • des données d’hospitalisation
  • des informations de santé sensibles

y compris pour des patients sans lien direct avec l’usage de l’application.


Pourquoi ce projet a été critiqué

L’autorité britannique (ICO) a identifié plusieurs manquements :

  • absence de base légale claire
  • manque d’information des patients
  • volume de données disproportionné
  • non-respect du principe de minimisation

→ En résumé :

trop de données ont été partagées, sans justification suffisante.


Ce que ce cas révèle

Il ne s’agissait pas d’un piratage.

→ Le problème était la gouvernance des données :

  • quelles données sont utilisées
  • pourquoi
  • en quelle quantité
  • avec quels acteurs

Projet IA et RGPD : le vrai risque pour les entreprises

Dans de nombreux projets IA, le danger ne vient pas d’une attaque externe.

→ Il vient :

  • d’un partage mal contrôlé avec un prestataire
  • d’un dataset mal préparé
  • d’une mauvaise identification des données sensibles

Un projet peut donc devenir :

→ un risque réglementaire majeur sans aucune fuite de données


Le risque invisible : la corrélation des données

Un dataset utilisé pour l’intelligence artificielle peut contenir :

  • âge précis
  • pathologie rare
  • localisation
  • date d’intervention
  • historique médical

Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins.

Mais combinés, ils peuvent permettre d’identifier une personne.

→ Le risque ne provient pas d’un seul champ
→ Il apparaît à travers les corrélations entre plusieurs informations


Comment rendre un projet IA conforme au RGPD

Avant de lancer un projet impliquant des données sensibles, plusieurs étapes sont essentielles :

  1. Détecter les données sensibles
    → identification automatique des colonnes à risque
  2. Minimiser les données
    → ne conserver que le strict nécessaire
  3. Réduire la granularité
    → regrouper ou simplifier certaines informations
  4. Anonymiser lorsque possible
    → supprimer toute possibilité de ré-identification
  5. Documenter les décisions
    → DPIA, choix techniques, gouvernance

→C’est précisément ces étapes que nous mettons en œuvre chez Nymdata.


Ce que les autorités de contrôle analysent

Lorsqu’une autorité examine un projet IA, elle analyse notamment :

  • la documentation du projet
  • l’analyse d’impact (DPIA)
  • la proportionnalité du traitement
  • les mesures techniques de protection
  • la gouvernance globale des données

→ Pas seulement la sécurité.


La vraie question stratégique

La question n’est pas seulement :

→ Où sont stockées les données ?

Mais :

→ Ces données sont-elles nécessaires, maîtrisées et correctement préparées ?


Conclusion

Le cas NHS / DeepMind n’était pas un piratage.

C’était un problème de gouvernance des données.

Dans les projets d’intelligence artificielle, tout se joue avant l’entraînement du modèle :

  • détecter
  • minimiser
  • anonymiser
  • documenter

→ C’est cette approche qui permet de concilier :

  • innovation technologique
  • conformité RGPD
  • confiance

Vous pouvez également retrouver notre article qui explique en détails pourquoi le chiffrement seul ne suffit plus


FAQ

Un projet IA est-il soumis au RGPD ?
Oui, dès lors qu’il traite des données personnelles, y compris en phase de test.

La pseudonymisation suffit-elle ?
Non, les données restent personnelles si une ré-identification est possible.

Pourquoi l’IA augmente les risques ?
Plus de données, plus de croisements, plus d’exposition.

Première étape ?
Identifier précisément les données sensibles.