Anonymisation

Identifier les données personnelles et sensibles dans vos fichiers et vos bases

L’équipe NymDataMis à jour le 5 min de lecture

En bref

Une donnée personnelle se rapporte à une personne identifiable ; une donnée sensible en est une catégorie protégée par l'article 9 du RGPD (santé, opinions, origine…).

Elles se cachent rarement là où on les attend : texte libre, commentaires, colonnes mal nommées, exports CSV, métadonnées.

Pour les identifier, il faut analyser le contenu réel, par règles et par contexte, puis cartographier avant d'anonymiser.

Quelles colonnes, quels fichiers, quels documents contiennent des données personnelles ?

Dans la plupart des entreprises, la réponse reste approximative.

On se fie aux noms des colonnes, à la mémoire des équipes, à une cartographie faite il y a des années.

Or on ne peut pas protéger correctement des données que l’on n’a pas identifiées.

Donnée personnelle ou donnée sensible : quelle différence ?

Les deux notions sont souvent confondues.

Elles n’appellent pas le même niveau de protection.

Donnée personnelle Donnée sensible
Définition Toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (article 4 du RGPD) Catégorie particulière de données personnelles (article 9 du RGPD)
Exemples Nom, e-mail, téléphone, adresse, date de naissance, adresse IP, identifiant client, IBAN Santé, origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques, appartenance syndicale, données génétiques, biométriques, vie ou orientation sexuelle
Règle Traitement encadré : finalité, minimisation, sécurité Traitement interdit par principe, sauf exceptions prévues par le texte

Une personne est identifiable directement (nom, numéro de sécurité sociale) ou indirectement, par recoupement (code postal, date de naissance, profession).

Ces identifiants indirects doivent eux aussi être repérés.

Où se cachent les données personnelles et sensibles ?

Les colonnes email, telephone ou date_naissance sont évidentes.

Le risque se trouve surtout ailleurs.

  1. Les champs de texte libre.
    Une colonne « notes » ou « commentaire » peut contenir une adresse complète, un numéro de sécurité sociale ou une information médicale saisie à la main.
  2. Les colonnes mal nommées.
    Une colonne info_client, reference ou metadata ne dit rien de son contenu réel.
  3. Les comptes rendus et documents rédigés.
    Dans un courrier ou un compte rendu, les noms et les informations de santé sont dans le corps du texte, comme le montre notre article sur les comptes rendus médicaux en texte libre.
  4. Les commentaires de cellules et les métadonnées.
    L’auteur d’un fichier, le dernier modificateur ou une note ajoutée dans une cellule passent inaperçus à l’écran.
  5. Les exports CSV et les fichiers Excel.
    Ils circulent par e-mail, entre services, vers des prestataires, souvent considérés à tort comme « techniques ».
  6. Les PDF, Word et PowerPoint.
    Contrats, dossiers, présentations : les données personnelles y sont mêlées au contenu utile.
  7. Les copies de bases.
    Environnements de test, sauvegardes, tables héritées d’anciens systèmes, imports historiques jamais documentés.

Pourquoi le repérage manuel échoue

  1. Le volume.
    Des centaines de tables, des milliers de fichiers : personne ne relit tout.
  2. Le nom ne reflète pas le contenu.
    Un audit fondé sur les intitulés laisse de côté le texte libre, là où se trouve une bonne part du risque.
  3. Les données bougent.
    Nouvelles colonnes, nouveaux imports, nouveaux exports : la cartographie devient obsolète dès qu’elle est terminée.
  4. L’erreur humaine.
    Un œil fatigué rate un numéro au milieu d’un paragraphe, surtout dans le centième document.

Comment fonctionne la détection automatique

Une détection crédible combine plusieurs signaux.

  1. Les règles.
    Elles reconnaissent les formats connus : structure d’une adresse e-mail, d’un IBAN, d’un numéro de téléphone, d’une adresse IP, d’un numéro de sécurité sociale.
  2. L’analyse contextuelle.
    Elle tient compte de la phrase qui entoure un mot pour repérer un nom de personne ou une information personnelle, même sans format fixe.
  3. Le croisement avec la structure.
    Le nom de la colonne, le type de valeurs observées et leur répétition confirment ou nuancent chaque détection.
  4. Un niveau de confiance.
    Chaque détection est classée, pour que les équipes vérifient d’abord les cas incertains.

C’est cette combinaison qui permet de repérer la colonne « notes » d’un export client, mal nommée mais sensible dans les faits.

Cartographier avant d’agir

La détection n’est pas une fin en soi.

Elle sert à décider, données en main.

Prenons un cas courant : une équipe prépare des tests à partir d’un export CRM jugé « interne ».

Après analyse, le fichier contient des e-mails, des numéros de téléphone, des identifiants clients, des adresses IP de connexion et des dates de naissance dans une colonne secondaire.

Le risque ne vient pas d’une intention malveillante, mais d’un manque de visibilité.

La bonne séquence commence avant l’export.

C’est celle-ci :

  1. Identifier.
    Analyser le fichier ou la base sans rien modifier.
  2. Qualifier.
    Décider ce qui est nécessaire à l’usage prévu, au nom du principe de minimisation.
  3. Anonymiser.
    Choisir la méthode adaptée à chaque type de donnée, en s’appuyant sur notre guide des méthodes d’anonymisation.
  4. Tracer.
    Garder un rapport de ce qui a été détecté et traité, utile pour le registre des traitements (article 30) et les mesures de sécurité (article 32).
  5. Partager si nécessaire.
    Seule la version anonymisée circule.

Avec NymData

NymData détecte et anonymise les données personnelles de vos fichiers (PDF, Word, Excel, PowerPoint, CSV, texte) et de vos bases PostgreSQL et MySQL, sur vos serveurs :

  1. Mode Cartographie.
    L’analyse s’exécute sans rien modifier ; le rapport des données trouvées se consulte avant toute action.
  2. Détection par règles et par analyse contextuelle.
    Les formats connus comme le texte libre sont analysés, y compris les commentaires de cellules Excel.
  3. Revue par niveau de confiance.
    Les détections sont classées en confiance élevée, moyenne ou faible.
  4. Liste blanche.
    Les termes à ne jamais anonymiser, comme le nom de votre établissement, restent intacts.
  5. Anonymisation au choix.
    Étiquette de type ([PERSONNE], [EMAIL]), noms fictifs, identifiant constant pour une même personne, ou méthode par type de donnée ; l’auteur des fichiers Office est effacé.

Pour les tableurs, voir notre page dédiée à l’anonymisation Excel et CSV.

Voir comment fonctionne NymData

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une donnée personnelle et une donnée sensible ?

Une donnée personnelle est toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (article 4 du RGPD).

Une donnée sensible est une catégorie particulière listée à l'article 9 : origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques, appartenance syndicale, données génétiques, données biométriques servant à identifier une personne, données concernant la santé, la vie sexuelle ou l'orientation sexuelle.

Comment identifier les données sensibles dans un fichier Excel ou CSV ?

En analysant les valeurs de chaque colonne, pas seulement les en-têtes.

Les colonnes de texte libre (notes, commentaires, observations) sont celles qui cachent le plus souvent des informations inattendues.

Pourquoi les noms de colonnes ne suffisent-ils pas ?

Parce qu'une colonne « info_client », « reference » ou « commentaire » peut contenir une adresse, un numéro de sécurité sociale ou une donnée médicale.

Le risque est dans le contenu, pas dans l'intitulé.

Le numéro de sécurité sociale est-il une donnée sensible ?

Il ne figure pas dans la liste de l'article 9 du RGPD.

C'est en revanche un identifiant direct, dont l'usage est encadré en France : il doit être repéré et protégé au même titre.

Identifier les données suffit-il pour être conforme au RGPD ?

Non.

L'identification sert à savoir où sont les données ; elle doit être suivie de mesures adaptées : minimisation, anonymisation ou pseudonymisation, contrôle des accès, documentation.

Pour aller plus loinComment NymData anonymise vos données →Détection, choix de la méthode, copie anonymisée et rapport d'audit : le fonctionnement en 4 étapes.
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