RGPD

Pseudonymisation : définition, différence avec l'anonymisation et RGPD

L’équipe NymDataMis à jour le 6 min de lecture
Clé de sécurité numérique sur fond de données binaires illustrant la gouvernance des données personnelles.

En bref

Pseudonymiser, c'est remplacer les données qui identifient une personne par un pseudonyme : un faux nom ou un identifiant.

Les données pseudonymisées restent des données personnelles, soumises au RGPD.

Anonymiser, c'est rendre l'identification impossible : les données anonymisées sortent du champ du RGPD.

Pseudonymisation et anonymisation sont souvent confondues.

Elles protègent pourtant les données de deux façons très différentes.

Et le RGPD ne les traite pas de la même manière.

Qu’est-ce que la pseudonymisation ?

Pseudonymiser, c’est remplacer les données qui identifient une personne par un pseudonyme.

Le RGPD la définit à son article 4 : un traitement qui fait que les données ne peuvent plus être attribuées à une personne précise sans avoir recours à des informations supplémentaires.

Ces informations supplémentaires doivent être conservées séparément et protégées.

Deux formes de pseudonyme sont courantes :

  1. Un pseudonyme réaliste.
    Jean Dupont devient Auguste Lacroix : le document reste naturel à lire.
  2. Un identifiant constant.
    Jean Dupont devient PERSON_7b94f21c, et le même identifiant revient partout où Jean Dupont apparaît.

Dans les deux cas, on peut encore suivre une même personne dans les données, sans connaître son identité.

Qu’est-ce que l’anonymisation ?

Anonymiser, c’est rendre l’identification d’une personne impossible, de façon irréversible.

Le nom devient par exemple [PERSONNE], ou un rectangle noir dans un PDF.

Aucune information supplémentaire ne permet de revenir en arrière.

Définition complète, critères et méthodes : voir notre guide anonymisation des données.

La différence entre anonymisation et pseudonymisation

Pseudonymisation Anonymisation
Lien avec la personne Possible, avec une information conservée à part Impossible
Réversible Oui, pour qui détient cette information Non
Statut au regard du RGPD Données personnelles Hors du champ du RGPD
Suivre une même personne Oui Non

À retenir :
Des données pseudonymisées restent des données personnelles. Des données anonymisées, non.

Pseudonymisation et RGPD

Le RGPD encourage la pseudonymisation.

Il la cite comme une mesure de protection dès la conception (article 25) et comme une mesure de sécurité (article 32).

Mais pseudonymiser ne fait pas sortir les données du RGPD :

  1. Le traitement doit toujours avoir une base légale.
    Les données pseudonymisées concernent toujours des personnes.
  2. Les droits des personnes s’appliquent toujours.
    Accès, rectification, effacement : rien ne change.
  3. L’information supplémentaire doit être protégée.
    C’est elle qui permet de retrouver l’identité : elle doit être conservée à part, avec des accès limités.

Seule l’anonymisation fait sortir les données du champ du RGPD (considérant 26).

Pseudonymisées pour qui ? La ré-identification selon le destinataire

Une question revient souvent : des données pseudonymisées sont-elles personnelles pour tout le monde ?

La Cour de justice de l’Union européenne y a répondu le 4 septembre 2025, dans l’arrêt SRB (affaire C-413/23 P).

Le cas : un organisme européen avait transmis à un cabinet de conseil des commentaires dont les auteurs étaient remplacés par des codes.

L’organisme gardait la correspondance entre les codes et les auteurs.

Le cabinet, lui, n’y avait pas accès.

La Cour en tire trois enseignements :

  1. Pour celui qui garde la correspondance, les données restent personnelles.
    Il peut retrouver les personnes : le RGPD s’applique pleinement.
  2. Pour le destinataire, tout dépend de ses moyens.
    S’il n’a aucun moyen raisonnable de retrouver les personnes, les données peuvent ne pas être personnelles pour lui.
  3. L’obligation d’informer ne change pas.
    Elle s’apprécie au moment de la collecte, du point de vue de celui qui collecte : les personnes devaient être informées que leurs données seraient transmises.

Le CEPD a repris cette lecture dans ses lignes directrices 2026 sur l’anonymisation.

Mais l’arrêt n’est pas un joker : en 2026, IQVIA l’a invoqué sans succès devant la CNIL, qui a jugé ses données de santé seulement pseudonymisées (voir les amendes infligées à IQVIA).

En pratique, avant de transmettre des données pseudonymisées, il faut se demander ce que le destinataire peut faire avec :

  1. A-t-il accès à la correspondance ?
    Directement, ou par un lien avec celui qui la détient.
  2. Dispose-t-il d’autres sources ?
    Une base clients, un annuaire, des données publiques qui permettraient de recouper.
  3. Reste-t-il des identités dans le texte libre ?
    Un nom dans un commentaire ou un compte rendu suffit à défaire la pseudonymisation des colonnes.

Si la réponse à l’une de ces questions est oui, les données restent personnelles pour lui.

C’est tout l’enjeu du risque de ré-identification.

Dans quels cas pseudonymiser ?

On pseudonymise quand il faut pouvoir suivre une même personne dans les données.

  1. Analyses dans le temps.
    Suivre le parcours d’un client ou d’un patient, sans voir son nom.
  2. Environnements de test.
    Garder des données cohérentes d’une table à l’autre : le même client a le même identifiant partout.
  3. Documents qui doivent rester lisibles.
    Un pseudonyme réaliste permet de lire un dossier normalement.

Dans quels cas anonymiser ?

On anonymise quand le lien avec la personne n’est plus utile.

  1. Partage à l’extérieur.
    Un document envoyé à un prestataire, un expert ou un partenaire.
  2. Publication.
    Une décision, un rapport, des statistiques.
  3. Conservation longue.
    Des données anonymisées peuvent être gardées pour des études, hors du RGPD.

Comment pseudonymiser des données

  1. Détecter les données qui identifient une personne.
    Noms, adresses, téléphones, e-mails, IBAN, numéros de sécurité sociale, dans les colonnes comme dans le texte libre.
  2. Choisir la méthode, type de donnée par type de donnée.
    Pseudonyme réaliste pour les noms, identifiant constant pour les numéros de client, par exemple.
  3. Remplacer chaque valeur de façon cohérente.
    Une même personne doit recevoir le même pseudonyme dans tous les fichiers et toutes les tables.
  4. Documenter le traitement.
    Ce qui a été détecté, et ce qui a été remplacé.

L’étape la plus difficile est la première : une seule donnée oubliée suffit à identifier une personne.

Pour la préparer, voir comment détecter les données sensibles dans un fichier.

Avec NymData

NymData propose les deux approches, sur vos serveurs.

  1. Anonymisation.
    Chaque donnée détectée est remplacée par son type, comme [PERSONNE] ou [IBAN].
  2. Pseudonymisation réaliste.
    Les noms sont remplacés par d’autres noms crédibles.
  3. Identifiant constant.
    Une même personne reçoit le même identifiant dans tout le projet (fichiers Word, Excel, CSV et bases).
  4. Personnalisé.
    Une méthode différente pour chaque type de donnée.

Chaque traitement produit un rapport d’audit : ce qui a été détecté, et ce qui a été fait.

Voir comment fonctionne NymData

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la pseudonymisation ?

C'est le remplacement des données qui identifient une personne par un pseudonyme.

Les données ne peuvent plus être attribuées à quelqu'un sans une information supplémentaire, conservée à part.

Quelle est la différence entre anonymisation et pseudonymisation ?

La pseudonymisation garde un lien possible avec la personne : les données restent soumises au RGPD.

L'anonymisation rend l'identification impossible : les données sortent du champ du RGPD.

Des données pseudonymisées sont-elles soumises au RGPD ?

Oui. Le RGPD les considère toujours comme des données personnelles.

La pseudonymisation réduit les risques, et le RGPD la cite comme mesure de protection.

Des données pseudonymisées sont-elles personnelles pour le destinataire ?

Cela dépend de ses moyens.

Depuis l'arrêt SRB de la Cour de justice de l'UE (4 septembre 2025), des données pseudonymisées peuvent ne pas être personnelles pour un destinataire qui n'a aucun moyen raisonnable de retrouver les personnes.

Pour celui qui garde la correspondance, elles restent personnelles.

Comment pseudonymiser des données ?

Il faut d'abord détecter toutes les données qui identifient une personne, y compris dans le texte libre.

Chaque valeur est ensuite remplacée par un pseudonyme, toujours le même pour une même personne.

Faut-il choisir entre les deux ?

Non. Beaucoup d'organisations pseudonymisent pour leurs analyses internes et anonymisent ce qu'elles partagent.

Pour aller plus loinComment NymData anonymise vos données →Détection, choix de la méthode, copie anonymisée et rapport d'audit : le fonctionnement en 4 étapes.
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